{"id":157,"date":"2011-04-14T22:46:18","date_gmt":"2011-04-15T02:46:18","guid":{"rendered":"https:\/\/ericmartel.net\/blogue\/?p=157"},"modified":"2025-10-11T09:52:55","modified_gmt":"2025-10-11T14:52:55","slug":"du-sadisme-ou-le-livre-que-je-ne-terminerai-pas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogue.ericmartel.net\/?p=157","title":{"rendered":"Du sadisme, ou Du livre que je ne terminerai jamais"},"content":{"rendered":"<p>Il y a d\u00e9j\u00e0 de \u00e7a un bout de temps, un ami me parlait d&rsquo;un des livres les plus difficiles qu&rsquo;il avait lus dans sa vie, soit <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Les_Cent_Vingt_Journ%C3%A9es_de_Sodome\"><em>Les cent vingt journ\u00e9es de Sodome<\/em><\/a> du <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Donatien_Alphonse_Fran%C3%A7ois_de_Sade\">Marquis de Sade<\/a>, sans cependant me donner aucun d\u00e9tail particulier sur con contenu. Il n&rsquo;en fallait cependant pas plus pour piquer ma curiosit\u00e9, et je me suis dit qu&rsquo;un jour j&rsquo;allais bien le lire. Apr\u00e8s, tout, c&rsquo;est juste un livre; qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il peut bien avoir de si terrible? Eh bien c&rsquo;est cette semaine que j&rsquo;ai finalement entam\u00e9 la lecture de cet ouvrage. Je savais (ou plut\u00f4t croyais savoir) que Sade avait \u00e9crit de la litt\u00e9rature \u00e9rotique, mais ce n&rsquo;est qu&rsquo;\u00e0 la dixi\u00e8me page environ du livre susnomm\u00e9 que j&rsquo;ai soup\u00e7onn\u00e9, avec raison, que l&rsquo;auteur \u00e9tait tr\u00e8s certainement \u00e0 l&rsquo;origine du mot <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Sadisme#Origine_du_nom_.C2.AB_sadisme_.C2.BB\">sadisme<\/a>. J&rsquo;avais pourtant d\u00e9j\u00e0 lu des choses pas piqu\u00e9es des vers: une <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Les_Mille_et_Une_Nuits#Traduction_de_Joseph-Charles_Mardrus\">traduction fid\u00e8le par Joseph-Charles Mardrus des <em>Mille et une nuits<\/em><\/a> (dont <em>Les cent vingt jours<\/em> s&rsquo;inspirent tr\u00e8s certainement pour la forme, d&rsquo;ailleurs) nous entra\u00eene dans un univers o\u00f9 sodomie, orgies sexuelles et bestialit\u00e9 sont \u00e0 l&rsquo;honneur plus souvent qu&rsquo;autrement. Cependant, alors que j&rsquo;ai lu sans probl\u00e8mes (et m\u00eame avec plaisir) les deux mille pages des <em>Mille et une nuits<\/em>,\u00a0 je n&rsquo;ai pas \u00e9t\u00e9 capable de d\u00e9passer la centi\u00e8me page (sur environ 450) des <em>cent vingt jours<\/em>. Jusqu&rsquo;ici, je n&rsquo;avais <em>jamais<\/em> abandonn\u00e9 la lecture d&rsquo;un livre. Jamais.<\/p>\n<p>Soyons direct: le contenu est simplement <em>d\u00e9gueulasse<\/em>. Dans la fraction que j&rsquo;ai lue, il n&rsquo;y est \u00e0 peu pr\u00e8s question que de s\u00e9vices sexuels tr\u00e8s cruels inflig\u00e9s \u00e0 des <em>enfants<\/em>, et le r\u00e9cit est construit tel que je me doute bien que \u00e7a ne change pas en cours de route (voir ci-dessous). De la p\u00e9dophilie sadique pure et simple. Je suis (et demeure) contre toute forme de sensure, et j&rsquo;accorde la plus haute importance \u00e0 la libert\u00e9 d&rsquo;expression (dans les limites du droit). Je suis convaincu que ce livre peut \u00eatre fort utile \u00e0 des sp\u00e9cialistes de l&rsquo;\u00e9tude de la nature humaine, que l&rsquo;on parle de criminologues, sexologues, psychologues, etc., et que des personnes peuvent arriver \u00e0 le lire avec un d\u00e9tachement suffisant par curiosit\u00e9 litt\u00e9raire, historique, culturelle ou intellectuelle, mais sinon c&rsquo;est clairement un terrain de jeu pour p\u00e9dophiles et autres d\u00e9sax\u00e9s sexuels.<\/p>\n<p>Il s&rsquo;agit d&rsquo;une oeuvre inachev\u00e9e: Sade avait pr\u00e9vu relater le d\u00e9roulement de 120 jours de d\u00e9bauche dans un ch\u00e2teau reclus, mais il n&rsquo;en a compl\u00e9t\u00e9 que 30, avec un plan sommaire pour le reste. Je n&rsquo;ai lu que la premi\u00e8re journ\u00e9e (le d\u00e9but du r\u00e9cit \u00e9tant une mise en situation s&rsquo;\u00e9tirant sur plusieurs pages), et j&rsquo;ai jet\u00e9 un coup d&rsquo;oeil \u00e0 la trenti\u00e8me pour voir si \u00e7a changeait de ton (mais j&rsquo;ai juste lu une ligne racontant qu&rsquo;un des protagonistes d\u00e9gustait l&rsquo;\u00e9tron d&rsquo;un des enfants esclaves et j&rsquo;ai ferm\u00e9 le livre &#8212; d\u00e9sol\u00e9 pour le d\u00e9tail, mais \u00e7a vous donne une id\u00e9e).<\/p>\n<p>Par contre, aussi surprenant que \u00e7a puisse para\u00eetre, j&rsquo;ai tout de m\u00eame pu tirer du bon de cette lecture. En effet, \u00e7a ma dr\u00f4lement fait r\u00e9fl\u00e9chir sur la grande diversit\u00e9 de la psych\u00e9 humaine et mes valeurs personnelles. Quelque part, c&rsquo;est toujours bon de rencontrer ses limites. Je me croyais ouvert d&rsquo;esprit; je me croyais <em>tough<\/em>. Eh bien, de toute \u00e9vidence, je ne le suis pas tant que \u00e7a. J&rsquo;ai \u00e9galement d\u00e9couvert que j&rsquo;avais une imagination bien peu fertile&#8230;<\/p>\n<p>\u00ab <em>Personne \u00e0 moins de rester sourd n&rsquo;ach\u00e8ve les Cent Vingt Journ\u00e9es que malade\u00a0: le plus malade est bien celui que cette lecture \u00e9nerve sensuellement.<\/em> \u00bb\u00a0 &#8212; Georges Bataille<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a d\u00e9j\u00e0 de \u00e7a un bout de temps, un ami me parlait d&rsquo;un des livres les plus difficiles qu&rsquo;il avait lus dans sa vie, soit Les cent vingt journ\u00e9es de Sodome du Marquis de Sade, sans cependant me donner aucun d\u00e9tail particulier sur con contenu. Il n&rsquo;en fallait cependant pas plus pour piquer [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[16,17,12],"tags":[],"class_list":["post-157","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-histoire","category-litterature","category-philosophie"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p5oQvl-2x","jetpack-related-posts":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogue.ericmartel.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/157","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogue.ericmartel.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogue.ericmartel.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogue.ericmartel.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogue.ericmartel.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=157"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/blogue.ericmartel.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/157\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":509,"href":"https:\/\/blogue.ericmartel.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/157\/revisions\/509"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogue.ericmartel.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=157"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogue.ericmartel.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=157"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogue.ericmartel.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=157"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}